Devise...

"Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre.

Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde..."

Le Petit Prince

Antoine de Saint-Exupéry

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Lundi 24 avril 2006 1 24 /04 /Avr /2006 11:27

Notre départ de Colombie s'est fait dans la précipitation après presque sept semaines de séjour...et nous avons eu du mal à nous remettre après le retour. Mais notre départ de Colombie et notre arrivée en France sont des moments tellement forts que cela mérite que l'on y revienne...

C'était le jeudi 16 mars 2006, l'anniversaire de Claire, Olivier était à l'Ambassade, espérant récupérer les visas en 24h au lieu de 48h. Je faisais les valises et Gaspard essayait son tout nouveau bonnet pour affronter le froid parisien....Nous avons malheureusement perdu ce joli bonnet quelques jours après notre retour, Gaspard l'a retiré et laissé tomber de la poussette sans qu'on l'aperçoive....Pas facile de s'habituer au bonnet de laine !

Il fallait confirmer les billets pour le jour même à Air France avant midi et Olivier n'était pas encore revenu à midi...Bref, le stress jusqu'au bout mais finalement, comme vous le savez, nous avons eu les visas, les billets. Sylviane a déjà raconté en commentaire notre départ de l'Auberge sous une haie d'honneur des autres familles. Tout le monde était là et ému de nous voir partir, les dames de l'Auberge qui allaient regretter les sourires polissons de Gaspard se glissant dans la cuisine, notre avocate, les autres enfants...et surtout Sylviane et Carlos.

Malgré la joie de rentrer à la maison, j'ai versé quelques larmes en quittant l'Auberge et pensant à tous les bons moments, les premières fois avec Gaspard, les merveilleuses rencontres, Laura-Camille et les Martin, notre merveilleuse Sylviane et Carlos....Arrivés à l'aéroport, Jairo nous dépose et va garer son taxi. Gaspard s'est endormi dans mes bras...Je fonds en larmes, quelle étrange impression.... Nous allons quitter le pays de notre enfant, ce magnifique pays où Gaspard a vu le jour...nous allons l'emmener en France, loin de ses racines...Ne nous en voudra t-il pas un jour ?

Jairo arrive, 45 minutes de file pour arriver au guichet, aucune de nos valises n'a été fouillée, quelle chance ! Nous n'avions rien à cacher, mais c'était déjà un miracle que nous ayons réussi à les fermer...

Notre avocate appelle Jairo. Le dernier document de la procédure colombienne est prêt. Plutôt que de l'envoyer, risque de perte, long délai, je saute dans le taxi avec Gaspard et Jairo et nous partons à l'ICBF national. Olivier reste à l'aéroport avec tous les bagages. Je ne suis pas très rassurée...je préfèrerais partir sans le document plutôt que de rater l'avion ! Mais l'ICBF est proche et nous sommes de retour 1 heure après. Nous disons au revoir à Jairo, à bientôt pour notre prochaine adoption en Colombie !

Aucun problème à l'immigration, le policier n'a pas vraiment compris que Gaspard venait d'ëtre adopté, il ne nous a pas réclamé l'exemplaire du jugement qu'il est normalement nécessaire de donner !

On fait les duty-free, on dépense nos derniers pesos (et plus pour une petite esmeralda) et on embarque !

Gaspard doit sentir toute l'émotion que cela représente pour nous, il décide alors de rejoindre les bras de son papa et ne voudra plus le quitter du voyage. Nous ne dormons pas, et il n'y a même pas Les bronzés comme film.

C'est donc pour nous très tôt le matin que nous attérissons à Roissy, loin, loin du terminal. Je prends Gaspard dans le dos, dans le porte-bébé et nous descendons de l'avion pour monter dans les bus. Une nouvelle vague d'émotion m'emporte en posant le pied au sol...encore un symbole...nous sommes à la maison, nous sommes partis à deux, nous rentrons à trois ! Ce moment si logtemps attendu est là, nous pouvons enfin y croire. A nouveau, je ne peux m'empêcher de verser quelques larmes que je ne contrôlent pas...Tout se passe vite ensuite, la douane, nous passons dans la file "passeports non Union Européene" puisque Gaspard est encore colombien. Le douanier pense que nous sommes une famille colombienne venant s'installer en France car il voit en premier le visa de résident de Gaspard et les 3 passeports sont de la même couleur. Il nous demande alors "vous venez vous installez en France ?"

Et nous répondons "non, nous rentrons chez nous !". Il est gêné de s'être trompé, il nous met vite les tampons et nous courrons chercher nos bagages.

Nous descendons l'escalator et soudain, des cris, des pleurs, des hourras....les deux grands-mères de Gaspard sont là, amis, famille. Je viens déjà de pleurer toutes mes larmes, heureusement sinon c'était l'innondation. Quelle joie, nous ne pensons qu'à ce moment depuis 10 jours, date de notre retour prévu initialement.....Des fleurs, des ballons, des pancartes pour accueillir FOG, Florence, Olivier et Gaspard après avoir suivi leurs aventures sur le blog.

Le premier croissant de Gaspard, le champagne, des jouets, des cadeaux, des éclairs au chocolat, c'est la fête dans l'aéroport !!! Olivier est très content, très à l'aise, je suis comme sur un nuage, si soulagée mais si fatiguée, Gaspard découvre tout doucement ces petits enfants qui veulent le toucher en vrai, jouer avec lui, lui font des grimaces !

Evidemment, nous ne sommes pas en état de faire des photos. Vous pouvez voir celles de Julien, notamment la photo de tout le groupe pris par un gentil voyageur qui  passait par là :

http://fr.pg.photos.yahoo.com/ph/julienremy88/my_photos

 

Par Florence et Olivier - Publié dans : trincalandco
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